À l’approche de l’élection présidentielle du 25 octobre 2025, le procureur de la République, Braman Koné, a adressé un avertissement ferme aux administrateurs de pages sur les réseaux sociaux. Selon lui, les propriétaires de pages devront assumer pleinement la responsabilité des contenus publiés par leurs abonnés, notamment les commentaires jugés diffamatoires, injurieux ou incitant à la haine.
« À compter d’aujourd’hui, nous allons passer à un niveau supérieur. Si, d’aventure, vous ne jouez pas votre partition en retirant, en dénonçant ou en empêchant certaines personnes de publier de fausses informations sur vos pages, vous serez concernés. Désormais, il y aura la personne qui fait la publication et le responsable de la page qui seront poursuivis pour complicité.» a déclaré Braman Koné.
Le procureur encourage vivement les administrateurs de pages et organe de presse en ligne à s’entourer de modérateurs compétents et formés aux règles de déontologie. L’idée est de garantir une surveillance active et une suppression rapide des propos problématiques. En d’autres termes, il ne veut pas que les responsables de pages utilisent comme excuse le fait de ne pas avoir vu un commentaire litigieux : leur responsabilité reste engagée s’ils laissent passer de tels contenus.
Cette déclaration a été faite lors d’une rencontre organisée le vendredi 26 septembre 2025 pour sensibiliser les acteurs du numérique aux dangers de la désinformation et aux dérives langagières en période électorale.
Cette mise en garde s’inscrit dans la continuité des efforts de régulation engagés par la Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle (HACA). En octobre 2023, l’institution avait déjà adopté une Charte des réseaux sociaux, signée avec différents acteurs de l’écosystème digital ivoirien, afin de favoriser un usage responsable et sécurisé des plateformes en ligne (voir la charte).
Pour le procureur, la prolifération de propos diffamatoires ou haineux représente une menace pour la cohésion sociale, surtout dans un contexte électoral sensible. Les administrateurs de pages sont donc appelés à renforcer la modération de leurs espaces pour éviter d’éventuelles sanctions.